Snap Inc. Sanctionne les vidéos entièrement générées par intelligence artificielle. Elles ne seront plus éligibles aux recommandations de Spotlight, sa fonction de vidéos courtes. L’entreprise veut privilégier la création humaine, alors que l’AI Slop se répand en ligne. Les créateurs pourront toutefois continuer d’utiliser les outils IA maison pour retoucher leurs vidéos.

Snapchat ne récompense plus les vidéos 100 % IA sur Spotlight : ce que ça change pour les créateurs - ©Sergei Elagin / Shutterstock
Snapchat ne récompense plus les vidéos 100 % IA sur Spotlight : ce que ça change pour les créateurs - ©Sergei Elagin / Shutterstock

Peut-être faites-vous comme votre serviteuse, partie des boomers qui n'utilisent que très peu, voire pas du tout Snapchat et donc ne connaissent pas Spotlight, sa fonction de vidéos courtes, lancée en 2020 sur le modèle de TikTok. Les utilisateurs publient des vidéos verticales dans l’espoir de toucher un large public. Snap Inc., la maison mère de l’application, distribue une partie d’un fonds quotidien d'un million de dollars pour récompenser les créateurs les plus vus sur Spotlight. Certains comptes ont profité de ce système pour publier en masse des vidéos entièrement générées par IA, sans intervention humaine. Snap Inc. Avait déjà annoncé en avril vouloir réduire la visibilité de ce type de contenu. Cette semaine, l’entreprise exclut ces vidéos de son système de recommandation Spotlight, quel que soit leur nombre de vues. La bamboche, c’est terminé.

Les vidéos 100 % IA sortent du système de recommandations mais pas de l’application

Snap Inc. A publié un billet sur son site pour officialiser la mesure. La nouvelle règle est entrée en vigueur ce mois de juillet, précise l’entreprise, et elle continuera de s’appliquer à toutes les vidéos soumises à Spotlight. Seules les vidéos réalisées par de vraies personnes peuvent désormais apparaître dans les recommandations. Les créateurs gardent la possibilité d’utiliser les outils IA maison de Snapchat pour retoucher ou enrichir leurs vidéos, à condition d’afficher un indicateur de transparence sur le contenu concerné.

Ainsi donc, si vous êtes un créateur et publiez une vidéo tournée avec votre téléphone, puis doublée avec une voix de synthèse générée par IA, elle reste éligible aux recommandations. Une vidéo entièrement composée à partir d’un prompt textuel, sans tournage ni montage humain, perd en revanche son éligibilité.

Aucun système de détection n’est parfait, reconnaît Snap Inc., mais l’entreprise affirme vouloir donner aux créations authentiques la meilleure chance d’être découvertes. Elle observe déjà un effet sur l’engagement, avec des créateurs expérimentés et des utilisateurs occasionnels qui publient de plus en plus de contenus originaux sur Spotlight, portant le nombre de contributeurs uniques à plus de 120 % de croissance par rapport à l’année précédente.

Snapchat avait déjà resserré la vis sur la sécurité des mineurs. Les utilisateurs âgés de 13 à 15 ans ne peuvent partager leurs publications Spotlight qu’avec les personnes qu’ils suivent en retour, une mesure pensée pour limiter les risques de doxxing.

  • Photos et vidéos éphémères.
  • Filtres et effets créatifs.
  • Messagerie instantanée privée.
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LinkedIn, YouTube et Meta s’attaquent aussi aux contenus 100 % IA

D’autres plateformes ont pris des mesures comparables ces dernières semaines. LinkedIn a ajouté un bouton permettant de signaler les publications qui semblent relever de l’IA slop, un terme que le réseau professionnel emploie dans son interface. Substack a aussi mis en place un outil qui aide les lecteurs à repérer les newsletters rédigées par IA.

Chez Meta, la pression est venue des utilisateurs. L’entreprise a retiré début juillet une fonction d’Instagram qui permettait de modifier avec l'IA des photos publiées sur des comptes publics, après une vague de critiques. Le dictionnaire Merriam-Webster a par ailleurs retenu le terme « slop » comme mot de l’année 2026, pour définir ce contenu numérique de mauvaise qualité produit en masse grâce à l’intelligence artificielle.

YouTube a, pour sa part, précisé ses règles de monétisation afin d’exclure les contenus jugés inauthentiques, en particulier les vidéos produites en série à partir d’un modèle répétitif. La plateforme exclut aussi de la monétisation les contenus mettant en scène des personnages IA qui commentent des sujets sensibles comme la santé ou les finances personnelles.
Source : TechCrunch